Fondation Auschwitz - Sommaire et résumés du n° 119
Sur les traces de la Shoah en Pologne

 

Éditorial : Ce qu'il nous revient d'affronter (Philippe Mesnard)

 

Agenda

 

Chroniques

  • Revealing the image, revealing truth: Interview with Daniel Hernández-Salazar (Anneleen Spiessens et Janiv Stamberger)
  • Le focus générationnel : Generation War (Gabriel Raichman)
  • Les sorties de l’année (Gabriel Raichman)
  • Pour une mise à NU : Passages de Catherine Dajczman (Émilie Patrie)
  • Anne Frank sur scène : le succès d'un symbole (entretien avec David Barnouw) (Fransiska Louwagie, Anna Scanlon et Fabian Van Samang)
  • « Nouvelles histoires de fantômes » : de l’image comme survivance mémorielle (Isabelle Galichon)
  • L'opéra inachevé (Dominique Adrian)
  • Babi Yar, témoignage extraordinaire par Kondrachine (Jean-Christophe Le Toquin)
  • Korngold à Musiques interdites (Jean-Luc Clairet)

 

Portfolio : Perpetrators

L'entretien : Janine Altounian, « J'ai senti physiquement ce que c'était que d'appartenir à une minorité discriminée » (Luba Jurgenson et Philippe Mesnard)

 

Dossier : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi
Dossier dirigé par Philippe Mesnard

  • Présentation (Philippe Mesnard)

 

  • Primo Levi et la Résistance (Frediano Sessi)
    Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1943, Primo Levi est arrêté à Amay dans le Val d’Aoste, durant une action menée par la milice fasciste contre les partisans. À ses côtés, on arrête également Luciana Nissim, Vanda Maestro, Aldo Piacenza ainsi que Guido Bachi. Durant quelques semaines, ils avaient formé une bande de rebelles proche du mouvement de résistance Justice et Liberté (Giustizia e Libertà). Bien que cet épisode inaugura son calvaire en tant que Juif déporté à Auschwitz, Primo Levi ne parlera que très peu et sporadiquement de son expérience parmi les partisans dans la montagne. De fait, il la définira comme « la période la plus opaque » de son parcours. Il écrira « c’est une histoire de jeunes bien intentionnés mais imprudents et imbéciles, à classer parmi les choses à oublier ». Pourquoi un jugement aussi sévère doublé d’un silence interrompu uniquement par quelques pages d’histoires et d’allusions dans les œuvres littéraires et testimoniales ? L’exécution sommaire au cœur de la bande de deux jeunes qui, de par leurs actions, menaçaient la sécurité et la vie même du groupe de partisans peut certainement y avoir contribué. Et de toute façon, la reconstruction ponctuelle et documentée des semaines qui verront Levi passer du choix antifasciste à la lutte partisane ouvre d’autres perspectives et suggère un lien de continuité entre la vie partisane et la lutte pour la survie à Auschwitz.

 

  • Entre témoignage et mémoire, quelle place pour Primo Levi ? (Philippe Mesnard)

 

  • Le Système périodique : cryptages et décryptages (Luba Jurgenson)
    Dans le contexte des années 1960 et 1970 qui voient s’épanouir une littérature de la contrainte organisée selon le modèle scientifique, le projet de Levi de mêler ses deux métiers dans une œuvre faisant « système » peut être vu comme la conquête d’un territoire littéraire spécifique : contrairement à l’opinion répandue, celui-ci, loin de l’assigner à son identité de chimiste, consoliderait au contraire son statut d’écrivain. C’est probablement avec cette même visée que Levi fait alterner, dans ce texte en apparence autobiographique, des éléments testimoniaux et fictionnels, jouant avec son lecteur voire le déstabilisant en dépit de l’exigence de clarté qu’il affiche par ailleurs dans ses articles et interviews. Ce brouillage est probablement une réponse à la vaine recherche de clé pour comprendre le monde et pour comprendre Auschwitz (objectifs qui se rejoignent, car Auschwitz est bien de ce monde) : l’un et l’autre semblent être des « machineries » face auxquelles l’écrivain trame à son tour un système de cryptages.

 

  • Levi, Calvino et la zone grise (Carlo Ginzburg)

 

  • Mes deux rencontres avec Primo Levi (Daniela Amsallem)
    Primo Levi a accordé deux entretiens à Daniela Amsallem, le 15 juillet 1980 dans son appartement de Turin, puis plus brièvement le 21 novembre 1986, quelques mois avant de mourir, lors d’un colloque sur la déportation. De larges extraits traduits en français sont cités dans ce texte, qui évoque les différents sujets qui ont été abordés. Entre autres, le ton rationnel et dépassionné de Si c’est un homme, la position de l’auteur vis-à-vis de la souffrance et de Dieu : Levi n’osait pas se déclarer athée, car il ne niait pas Dieu, mais très tôt l’intérêt scientifique avait prévalu chez lui et la théorie de Darwin avait remplacé la loi de Moïse. Interrogé sur ce qu’on appelle communément le « complexe du survivant », il avait préféré parler d’une « souffrance », par rapport à ses camarades qui n’étaient pas revenus ; il s’agissait cependant d’une expérience qui lui avait conféré « un étrange pouvoir de parole », et qui, dans son cas, s’était révélée être « une expérience extrêmement douloureuse mais précieuse » qui lui avait fourni « une certaine compréhension du monde et la faculté d’y réfléchir ». Se définissant « Moi, homme rationnel et laïque », il avait souligné son laïcisme et sa foi en la raison, et interrogé sur la confiance que l’on pouvait encore accorder à l’homme, après Auschwitz, il avait affirmé être pessimiste dans les idées et optimiste dans les actions. Il avait évoqué également son dialogue avec les jeunes, nécessaire mais de plus en plus difficile, à cause d’une « dérive » qu’il percevait lors de ses visites dans les écoles, d’un intérêt désormais « archéologique » chez ces jeunes qui écoutaient les récits de la Seconde Guerre mondiale et de la déportation comme s’il s’agissait d’un roman, « le monde [ayant] désormais avancé de deux générations ». Et il avait relaté en 1980 cette anecdote, qui devait figurer ensuite dans Les Naufragés et les rescapés, son testament spirituel qu’il était déjà en train d’écrire à l’époque, de l’écolier qui, l’ayant écouté attentivement, avait tracé sur le tableau noir un plan d’évasion, en ajoutant : « Pensez-y pour la prochaine fois ! »

 

  • Retour à Auschwitz (Entretien avec Primo Levi en juin 1982 par Daniel Toaff et Emmanuele Ascarelli)

 

  • Biographie

 

  • Bibliographie sélective

 

Varia

  • Le temps est-il sorti de ses gonds ? Ascension et déclin du régime temporel de la Modernité (Clotilde Coueille)
    Dans Ist die Zeit aus den Fugen? (2013), Aleida Assmann prend du recul par rapport à ses travaux sur la mémoire collective après la Seconde guerre mondiale en resituant la « culture de la mémoire » qui caractérise aujourd’hui la société occidentale dans une perspective plus longue de notre rapport au temps. À travers une démonstration qui se nourrit des expériences et réflexions d’écrivains qui vont de Shakespeare à Virginia Woolf en passant par Baudelaire et Tolstoï, Aleida Assmann fait ressortir toute la complexité de la relation entre temps et Modernité. Cet article se propose, sous la forme d’un compte rendu critique, d’explorer la richesse de cet ouvrage ainsi que les questionnements qu’il suscite : pourquoi le choix de s’arrêter sur le régime d’historicité de la Modernité ? Pourquoi se confronter au point de vue des historiens sur notre rapport actuel au passé, au présent et au futur, sans s’appuyer sur une tradition de pensée philosophique ? Quels sont enfin les enjeux qui s’y dessinent pour les études mémorielles, dont l’auteur est la chef de file en Allemagne ?

 

  • Topoï d'Arno Gisinger (Aurélie Barjonet)
    Il s’agit d’un compte rendu de l’ouvrage du photographe-historien Arno Gisinger (Topoï, Trans Photographic Press / Bucher Verlag, 2013, 335 p., 49 €). Y sont exposés ses travaux des vingt dernières années portant sur un très grand nombre de mémoires : mémoires de victimes du nazisme (victimes juives, civiles et nomades), mémoires de résistants (Indices), d’exécuteurs (les deux projets consacrés à Nuremberg), mais aussi la mémoire du fascisme italien (Siegesdenkmal), et la commémoration de « héros » récents (Plan américain). Comme le faisaient déjà ses expositions, cet ouvrage invite à questionner la mémoire, ici par le biais d’un choix de photograhies, de textes poétiques et d’un commentaire d’expert. Le compte rendu tente de saisir la qualité heuristique de ce travail photographique.

 

  • Témoignage direct et témoignage des traces. Sarah Kofman, Hélène Berr et Dora Bruder à Paris pendant l’Occupation allemande (Désirée Schyns)
    Cet article traite de l’exploration des discours sur l’évocation d’une mémoire douloureuse dans deux témoignages et dans une fiction. Quelle est la différence entre le témoignage et la fiction quand il s’agit de mémoire traumatisante ? Il s’agit de textes sur la persécution des Juifs à Paris pendant l’Occupation. D’abord, l'auteure évoque l’autobiographie Rue Ordener rue Labat de la philosophe Sarah Kofman, qui a consigné dans les années 1990 ses souvenirs des  événements de l’Occupation et sa période de clandestinité ; ensuite la fiction Dora Bruder de Patrick Modiano, qui écrit à partir de la « mémoire de seconde main » sur la fugue d’une jeune fille juive, dont il suit l’errance dans Paris pendant les razzias qui auront finalement raison d’elle ;  et en dernier lieu le journal d’Hélène Berr, écrit « sur le vif » entre 1942 et 1944. Quel est l’effet du décalage temporel qui marque les trois documents ? Expriment-ils un « désir de futur » et quelle transmission mémorielle assurent-ils ?

 

  • Rwanda 1994-2014 : le génocide à l'épreuve de la fiction (François-Xavier Destors)
    Parmi le foisonnement d’œuvres artistiques qui construisent la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda depuis vingt ans, de nombreux cinéastes ont relevé le défi de la fiction. Plus d’une douzaine de longs-métrages de fiction ont ainsi vu le jour, en parallèle du temps de la reconstruction et de la justice, réalisés dans leur grande majorité par des cinéastes occidentaux. Le regard qu’ils engagent dans leur démarche de création et qu’ils portent à l’écran soulève plusieurs enjeux d’ordre historique, éthique et esthétique, tant vis-à-vis d’une vérité encore en train de s’écrire que de la mémoire des victimes. Comment s’approcher au plus près de l’événement en transgressant, par essence, le réel ? Comment donner à voir l’horreur des cent jours sans tomber dans le spectacle, le voyeurisme ou le traumatisme visuel ? Quelles stratégies narratives utiliser pour raconter l’inénarrable des survivants ? Comment suggérer, par la fiction, la nature même du crime, à savoir l’extermination planifiée et systématique de plus de 800 000 Tutsi du Rwanda ? Sous forme de bilan, cet article montre comment, au nom du réalisme et du « vraisemblable », les films qui abordent frontalement le génocide mettent en scène les potentialités et les limites de la représentation. Il insiste également sur les enjeux de l’espace cinématographique où s’élabore, pour le tiers comme pour le rescapé, le langage d’une mémoire à recomposer.

 

Dictionnaire testimonial et mémoriel

  • Archeology of the Holocaust (Isaac Gilead)
  • Les Frontoviki : écrivains combattants soviétiques (Luba Jurgenson)
  • Geoffrey Hartman (Pieter Vermeulen)
  • Bartolomé de Las Casas (Nejma Kermele)
  • Memory and the Anthropocene (Richard Crownshaw)
  • Multidirectional Memory (Michael Rothberg)
  • September 11, 2001 (Lucy Bond)
  • Tourism and memory (Jessica Rapson)
  • Transcultural memory (Astrid Erll)
  • Site mémoriel : Dixmude (Anneleen Spiessens)

 

Laboratoire mémoriel :

  • Rwanda (épisode 3) : Les Arts et la représentation du génocide des Tutsi (Rémi Korman)
  • Belgique (épisode 1) (Olivier Luminet)
  • Les commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale en Belgique : La République fédérale d’Allemagne et l’éthique reconstructive (Geneviève Warland, Laurence van Ypersele et Valérie Rosoux)
 

Librairie

  • Peter Longerich, Goebbels (Jean-François Forges)
  • Omer Bartov, Eric D. Weitz (dir.), Shatterzone of Empires (Luba Jurgenson)
  • Anne Grynberg, Johanna Linsler (dir.), L’irréparable. Itinéraires d’artistes et d’amateurs d’art juifs, réfugiés du « Troisième Reich » en France (Paul Bernard-Nouraud)
  • Catherine Perret, L’enseignement de la torture, réflexions sur Jean Améry (Yoann Sarrat)
  • Boris Pahor, Quand Ulysse revient à Trieste (Anne Roche)
  • Lucie Taïeb, Territoires de mémoire. L’écriture poétique à l’épreuve de la violence historique (Désirée Schyns)
  • Jean-Pierre Guéno, Les enfants du silence. Mémoires d’enfants cachés (Jean-Pierre Pisetta)
  • Sophie Baby, Le mythe de la transition pacifique. Violence et politique en Espagne (1975-1982) (Nancy Berthier)
  • Jean-Pierre Chrétien, Marcel Kabanda, Rwanda. Racisme et génocide. L’idéologie hamitique (Jean-Pierre Pisetta)
  • Caroline Alexander, Ciel avec trou noir (Henri Goldberg)
  • Général André Rogerie, Vivre c’est vaincre. J’ai été témoin de l’Holocauste (Henri Goldberg)

 

À lire/À voir/À suivre

 
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