Analyses et études de 2021 - Fondation Auschwitz
Analyses et études de 2021
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ANALYSES

Avec La Fabrique des salauds, paru en 2017 sous le titre original Das Kalte Blut, le réalisateur, scénariste et écrivain allemand Chris Kraus signe un monumental roman historique qui prend pour objet les crimes de masses du nazisme et leurs répercussions tout au long du vingtième siècle.

L'artiste Joachim Lambrechts a réalisé une fresque murale en hommage à la résistante Mala Zimetbaum dans le cadre d'un projet urbain à Borgerhout.

Dans Mr. Jones, la cinéaste polonaise Agniezska Holland exhume la figure de Gareth Jones, l'un des premiers à avoir révélé l'horreur de la grande famine en Ukraine (1932-1933).

La recherche historique sur la Shoah a fait des bonds de géant ces dernières années, mais elle continue de faire l’objet de détournements, de polémiques et de récupérations. Malgré une production scientifique qui trouve peu d’équivalent dans le monde, la connaissance de ce passé reste pourtant très superficielle au sein du grand public.

Nommé directeur général de Kazerne Dossin (Malines) en juin 2020, Tomas Baum nous fait part des projets en cours et à venir pour cet important mémorial, musée et centre de recherche sur la Shoah et les Droits humains.

L’exposition #FakeImages qui se déroule du 28 janvier au 7 décembre 2021 à la Kazerne Dossin est élaborée sur base de la collection d’images antisémites d’Arthur Langerman. Elle cherche à déconstruire des mécanismes omniprésents dans nos sociétés (stéréotypes, préjugés, racisme, etc.). Nous avons rencontré Laurence Schram, qui a codirigé la mise sur pied du projet.

Après trois années à la tête de la Kazerne Dossin, Christophe Busch a fondé, le 27 mai 2020, le Hannah Arendt Instituut voor diversiteit, stedelijkheid en burgerschap (Institut Hannah Arendt pour la diversité, l'urbanité et la citoyenneté) en collaboration avec la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et l’Université d’Anvers. Établi à Malines, ce nouvel institut entend stimuler le débat public et renforcer la société.

Dans son dernier livre, l’historien Taner Akçam apporte et analyse de nouvelles pièces décisives provenant des archives officielles ottomanes quant aux plans d’extermination de la population arménienne par le gouvernement jeune-turc. Un travail d’enquête rigoureux et salutaire en ces temps de recrudescence du négationnisme.

L’année 2020 a pleuré la perte de deux passeurs de mémoire : Paul Sobol et Henri Kichka. Tous deux ont fait la douloureuse expérience des camps de concentration, tous deux ont témoigné sans relâche, animés par la volonté d’entretenir la mémoire, de sensibiliser et de faire connaitre les erreurs du passé. Leur expérience d'après-guerre nous éclaire aussi sur la difficulté pour les étrangers et les apatrides d'obtenir le statut de prisonnier politique.

Le 28 mai 2021, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a annoncé dans un communiqué de presse que son pays reconnaissait officiellement avoir perpétré un génocide à l’encontre des Herero et des Nama dans le Sud-Ouest africain allemand ‑ actuelle Namibie ‑ pendant la période coloniale.

Dans le camp de Ravensbrück, elles étaient surnommées « Kaninchen » (« lapins »), traduction fragmentaire du mot allemand « Versuchskaninchen » (lapins de laboratoire). Ces femmes détenues ont été victimes d'opérations menées par des médecins nazis au mépris de toute déontologie médicale.

Le témoignage est un des outils essentiels de la recherche et de l’enseignement de la Shoah. À l’heure actuelle, les derniers rescapés tirent leur révérence. Comment entretenir la mémoire en l'absence de la parole vivante ?

Herero, Arméniens, Juifs, Tutsi… La nature humaine est parfois susceptible du pire comme en attestent les génocides et violences de masse. Si les témoignages des survivants nous permettent d’appréhender la souffrance des victimes, il en existe peu des bourreaux, rares sont ceux qui ont raconté leurs crimes. Certains ont cependant été contraints de le faire lors de procès. Le bourreau est-il un homme ordinaire, responsable de ses actes ou un monstre sanguinaire ? Les avis divergent et font toujours l’objet de discussions ou de controverses.

L'idéologie nationale-socialiste préconisait les « trois K » : Kinder, Küche, Kirche (enfants, cuisine, église), mais l’aide des femmes étant inévitable dans l'effort de guerre, certaines choisirent volontairement de servir le Troisième Reich et collaborèrent en faisant preuve parfois d’un fanatisme et d’une cruauté similaires à celle des hommes.

Laurent Joly est directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de l’histoire de l’antisémitisme en France sous l’Occupation. Auteur de plusieurs ouvrages pour n’en citer que quelques-uns : Darquier de Pellepoix et l'antisémitisme français (Berg international, 2002) ; Vichy dans la « Solution finale » : Histoire du commissariat général aux Questions juives (1941-1944) (Grasset, 2006) ; L'Antisémitisme de bureau : Enquête au cœur de la préfecture de Police de Paris et du commissariat général aux Questions juives (1940-1944) (Grasset, 2011) ; Dénoncer les Juifs sous l'Occupation : Paris, 1940-1944 (CNRS, 2017) ; L’État contre les juifs : Vichy, les nazis et la persécution antisémite (Grasset, 2018).

Une vaste étude européenne initiée par l'Action and protection league (APL), effectuée par les sociétés de sondage Ipsos et Inspira, et publiée par l’European Jewish Association (EJA) visant à établir un panorama des attitudes antisémites a été lancée dans seize pays de l'Union européenne. Les conclusions de ce rapport sont alarmantes.


Né à Trieste le 26 août 1913, Boris Pahor est une figure majeure de la littérature slovène et, à 107 ans, doyen de la littérature mondiale. Pendant la Seconde Guerre, lorsque les nazis occupent la région, il rejoint les rangs de l’armée de libération yougoslave. Arrêté par la Gestapo en 1944, il est déporté en Alsace au camp de concentration de Natzwiller-Struthof, puis en Allemagne à Dachau et Bergen-Belsen. Une tragédie qui hante une grande partie de son œuvre littéraire.

En France comme en Belgique, le rôle joué par les femmes dans la résistance a longtemps été sous-estimé. Héroïnes discrètes à la Libération, les femmes n’ont pas cherché à obtenir le statut de résistante et leur action n’a pas été reconnue à sa juste valeur. Pourtant leur rôle a été décisif.

Malgré les importants progrès de la recherche historique au cours de ces dernières années, de nombreuses questions se posent encore autour du contexte où les nazis enclenchèrent la « Solution finale à question juive ». Le travail réalisé par les historiens pour reconstituer ce fil n’est pas uniquement une affaire de spécialistes. Il est nécessaire pour comprendre le nazisme dans sa globalité, mais aussi pour rendre impraticables les projets des « faussaires de l’histoire ».

Le destin de Vassili Grossman (1905-1964) est indissociable des grandes tragédies qui ont marqué l’histoire européenne : le nazisme, le stalinisme, la guerre, l’extermination des Juifs. Le Livre noir, travail pionnier sur la Shoah qu'il dirigea avec Ilya Ehrenbourg, fut censuré dans l'immédiate après-guerre. Une censure qui relève de réflexes institutionnels qui ne sont pas propres à la dictature stalinienne.

La Grande Guerre patriotique, déclenchée en juin 1941 avec l’invasion de l’Union soviétique par les armées nazies, reste aujourd’hui l’un des piliers de la mémoire historique en Russie. Les films dont elle constitue le cadre ont proliféré ces dernières années, avec d’inévitables ambiguïtés vis-à-vis de l’époque soviétique, des omissions vis-à-vis de la Shoah, mais aussi des références ou des allusions marquées à des questions politiques très contemporaines. Le film Résistance (en russe : « Битва за Севастополь », littéralement La bataille de Sébastopol), une coproduction russo-ukrainienne sortie en 2015, est révélateur d’un certain nombre de ces ambiguïtés.

Les 29 et 30 septembre 1941, peu après la prise de Kiev par l’armée allemande, 33 771 Juifs de la ville sont assassinés dans le ravin de Babi Yar par l’Einsatzkommando 4a commandé par Paul Blobel, avec l’aide de milices ukrainiennes. Ce massacre constitue un moment clé dans le processus d'extermination des Juifs d'Union soviétique, mais la perpétuation de sa mémoire est loin d’être une évidence, ni à l’Est ni à l’Ouest, ni hier ni aujourd’hui, notamment parce qu’il reste l’enjeu de règlements de compte très politiques.

Invoquer la légitime défense est une attitude classique chez les criminels. On retrouve ce principe également chez les auteurs de génocide, avec une prétention – cynique ou sincère – à faire corps contre une prétendue menace existentielle.

Gulbahar Haitiwaji vit en France depuis dix ans lorsqu’elle est conviée, en novembre 2016, à se rendre au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, pour y régler de soi-disant formalités administratives. Soupçonneuse, elle prend cependant un billet d'avion pour un séjour de quinze jours, qui durera presque trois ans. Prise au piège dans le système concentrationnaire chinois, elle va endurer la peur, les interrogatoires, la violence quotidienne et d'interminables séances de lavage de cerveau. Libérée, en août 2019, grâce aux pressions de sa famille et du Quai d’Orsay, elle vient de publier son récit, co-écrit avec la journaliste française Rozenn Morgat.

Les images satellites sont de plus en plus utilisées pour documenter des exactions là où les enquêtes sur le terrain s’avèrent difficiles, sinon impossibles. Elles ont joué un rôle clé pour prendre la mesure de la politique répressive menée par Pékin envers les Ouïghours et d'autres minorités musulmanes au Xinjiang.

Après des décennies d’insistance de la part de la sphère académique, le pape François a enfin autorisé, en mars 2020, l'ouverture d'une partie des « Archives historiques de la Secrétairerie d’État du Vatican », donnant ainsi accès aux documents du pape Pie XII (1939-1958), dont le rôle durant la Seconde Guerre mondiale est si controversé. La volumineuse monographie Le Bureau. Les Juifs de Pie XII, de Johan Ickx, directeur des archives vaticanes, ne répond malheureusement pas à toutes les attentes.

75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Berlin se souvient. Et fait état, par des activités culturelles ciblées, de la fin du nazisme et de la libération de la ville par l’Armée rouge, mais aussi de l’Allemagne et de l’Europe occupée. Du 2 au 8 mai 2020, dates anniversaires de la reddition de la ville et de la victoire des Alliés, une série de manifestations ont eu lieu, composée d’une exposition virtuelle, de podcasts et d’une application de réalité augmentée pour tablettes et smartphones. Trois expressions mémorielles montrant les « dimensions historiques et actuelles du sujet en se basant sur divers lieux symboliques de Berlin. »

 
 
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