Fondation Auschwitz - Sommaire, résumés et textes intégraux du n° 104
Présentation de la Revue
Philippe Mesnard et Yannis Thanassekos : Éditorial : Vingt ans après : À l'Est, du nouveau (PDF)

 

Dossier : L'Antifascisme revisité. Histoire – Idéologie – Mémoire

Coordonné par Carola Hähnel-Mesnard

 

Carola Hähnel-Mesnard : L'antifascisme - Quelle actualité ? (PDF)

 

I. Perspectives historiques

Frediano Sessi : L’antifascisme et la résistance en Italie, 1922-1945 (PDF)

  • Dans sa phase initiale, l’antifascisme italien a exclusivement été un mouvement de protestation parlementaire qui ne se posait pas la question des moyens de lutter véritablement contre le nouveau régime. L’assassinat de Matteotti et la définitive mise au banc des partis politiques, de la liberté de la presse et de la liberté syndicale, avec l’instauration des lois « fascistissimes » en 1926 accompagnée de l’institution du Tribunal spécial pour la défense de l’État a fait comprendre qu’il ne serait plus possible de s’opposer à l’État fasciste autrement que dans la clandestinité. Il s’en est suivi une forte émigration clandestine qui était à dominante politique (et non intellectuelle, comme pour l’émigration nazie). Le mouvement clandestin à l’étranger était de trois sortes : socialiste, communiste et démocratique radical dont l’expression la plus remarquable se trouvait dans le mouvement « Justice et liberté ». Ces mouvements, auxquels s’ajoutait une opposition catholique, existaient également à l’intérieur du pays. L’antifascisme clandestin fut tenu par une petite minorité formant un cercle de personnalités politiques qui se retrouvèrent dans la Résistance. Celle-ci, comme lutte armée, a véritablement commencé le 8 septembre 1943 avec l’annonce de l’armistice entre l’Italie et les forces alliées et s’est prolongée jusqu’à la fin de la guerre avec pour objectif la lutte contre le fascisme et le nazisme.

 

Andreas Agocs : Restrained Revolution: Antifascist Committees in Occupied Germany, 1945-1946 (PDF)

  • Cet article traite du rôle des nombreux « groupes d'action » antifascistes et des Comités (Antifas) qui émergèrent en Allemagne au moment de la disparition du régime national socialiste et des premiers mois de l'occupation alliée. L'essai fait valoir que ces groupes contenaient à la fois des éléments issus de la politique de masse d'avant-guerre et des aspects de la politique plus atomisée des sociétés d'après-guerre. Le mouvement Antifas constitua la plus grande partie d'un soulèvement révolutionnaire qui transforma les structures sociales, politiques et idéologiques en Europe entre 1930 et 1950 et, fondamentalement, la sphère publique de cette période.
    Bien que les Antifas aient été décrits en tant qu' « initiatives au potentiel révolutionnaire », leurs activités, généralement élaborées en coopération avec les Alliés tant de l'Est que de l'Ouest, furent relativement modérées. Leur mise en place de Conseils ouvriers apporta une contribution importante pour l’ordre de l'après-guerre, mais leurs tentatives de devenir des mouvements de masse échouèrent, non seulement en raison des restrictions et des interdictions des Alliés, mais aussi en raison d'un manque d'intérêt au sein de la population allemande. La rhétorique Antifas et l'autocompréhension (self-understanding) évoquèrent la politique paramilitaire de la période de l'entre-deux-guerres, tandis que les expériences et les bouleversements sociaux de la période national-socialiste et de la guerre signifiaient que beaucoup d'Allemands se contentèrent de laisser la politique aux mains des nouveaux partis populaires (Volksparteien) et des tribunaux, plutôt que de relever les mouvements de masse d’origine. L'idée de l'antifascisme cessa ainsi d'être un concept révolutionnaire à l'Ouest. Au même moment, l'interdiction des Antifas dans la zone d'occupation soviétique traça la voie d'une SED au contrôle centralisé, en RDA, par les « organisations de masse antifascistes », qui avaient peu à voir avec ceux que l'on appelait les « activistes de la première heure » de l'Antifas. Finalement, l'immédiat après-guerre s'est caractérisé comme un processus irrévocable pour « dé-révolutionner » le potentiel de l'activisme des antifascistes.

 

André Koulberg : L’antifascisme en France hier et aujourd’hui. Questions d’interprétation (PDF)

  • On trouve peu d’ouvrages consacrés à l’antifascisme en France, depuis plus de vingt ans. Cette désaffection est un désaveu. Un certain nombre d’historiens français, spécialistes de l’extrême droite ont mis en cause la pertinence du terme « fascisme » brandi par les antifascistes. Ceux-ci se seraient-ils simplement trompés ?  L’examen de leurs positions tend à montrer que leur démarche et leur conceptualisation étaient plus cohérentes qu’on ne l’a cru. Ces analyses permettent à leur tour de questionner les choix méthodologiques effectués par les historiens.

 

Ute Weinmann : Les Slovènes de Carinthie au sein des partisans de Tito. Un exemple de résistance antihitlérienne en Autriche annexée (PDF)

  • La résistance armée antihitlérienne des Slovènes de Carinthie, la première à l’intérieur de la Grande Allemagne et la seule sur le sol autrichien à inquiéter la machine de guerre nazie, se particularise par son organisation militaire « extraterritoriale » (Yougoslave communiste) et sa dimension ethnique. Un rappel historique sur la répression structurelle de la minorité slovène depuis le XIXe siècle jusqu’à la politique de germanisation brutale des nazis permet de mieux cerner les mobiles de ce mouvement, porté par une frange de la population qui a priori n’avait pas de penchant naturel pour la résistance. Si pendant la période de « l’Anschluss » en mars 1938 jusqu’à l’attaque contre la Yougoslavie en avril 1941, les actes de résistance active demeurent isolés, la résistance passive de désobéissance s’accroît cependant au sein de la minorité slovène. Persécutés ouvertement en vue d’une homogénéisation ethnique, et marqués par la déportation massive en avril 1942, nombre de Slovènes de Carinthie rejoignent en tant que combattants-résistants le Front de Libération slovène (OF) et les partisans de Tito. En 1945, le sud de la Carinthie est libéré par l’armée de la Yougoslavie titiste, qui revendique l’annexion de la partie méridionale de la province, activant ainsi des peurs anciennes et nouvelles (« slavisation » et communisme). Au sein de l’État autrichien où la culture mémorielle déficiente est notoire, la Carinthie frontalière et biculturelle s’avère être un cas particulier, car la mémoire antifasciste des partisans slovènes demeure non seulement controversée pour des raisons politiques, mais semble à jamais marquée par cette dimension ethnique.

 

II. Antifascisme et Guerre froide : idéologie et discours

Martina Schiebel et Yvonne Robel : Limites d’un antifascisme interallemand pendant la Guerre froide. L’ « Association des persécutés du régime nazi » (VVN) en Allemagne de l’Est et de l’Ouest (PDF)

  • L'histoire de l'Association de ceux qui furent persécutés par le national-socialisme (Vereinigung der Verfolgten des Naziregimes) montre que les activités antifascistes interallemandes après 1945 furent dépendantes du contexte de la guerre froide. Tandis que l'organisation fut stigmatisée à l'Ouest comme étant communiste, elle fut dissoute à l'Est parce que considérée inutile. La confrontation des deux systèmes politiques l'emporta sur les positions antifascistes.

 

Mercedes Yusta Rodrigo : Réinventer l’antifascisme au féminin : la Fédération Démocratique Internationale des Femmes et le début de la Guerre froide (PDF)

  • En 1945, à peine la guerre finie, des femmes antifascistes de 37 pays se réunirent à Paris pour créer la Fédération Démocratique Internationale des Femmes, une organisation féminine transnationale dont le but avéré était de s’assurer de l’écrasement total du fascisme et de préserver les acquis de la victoire antifasciste. Pour la plupart liées à des partis communistes nationaux, ces femmes allaient également effectuer un important travail de propagande politique et de défense de l’Union soviétique dans un contexte international marqué par la mise en place de la guerre froide. Pour atteindre ces buts, elles réactivent des pratiques militantes et des discours qui avaient déjà été à l’œuvre dans l’antifascisme des années 1930. Mais elles construisent aussi un discours autour de la maternité qui justifie leur action dans l’espace public et qui débouchera sur un discours pacifiste récupéré par l’Union soviétique lors de sa « guerre » de propagande contre l’Occident.

 

III. Pluralité vs uniformité : le discours antifasciste en RDA

Anne Kwaschik : L’antifascisme au féminin : La RDA et Ravensbrück (PDF)

  • L’article cherche à dégager les caractéristiques de la « situation commémorative » de Ravensbrück à la fin des années 1950. Le seul camp de concentration réservé aux femmes qui se trouve sur le territoire de la RDA se voit contraint à s’imaginer et à s’élaborer à partir des catégories utilisées pour Buchenwald, et ceci sans perdre ses propriétés, mais au contraire en soulignant sa différence. L’article suit le processus de négociation autour des éléments historiques à retenir à partir de deux moments concrets dans lesquels se cristallise le travail de mémoire à savoir les débats autour des monuments qui devront être érigés dans l’enceinte du camp et autour du récit littéraire qui serait acceptable comme « présentation correcte » de la vie dans les camps de concentration. Ainsi, l’article s’interroge sur les difficultés du camp de femmes à trouver sa place à côté de Buchenwald, insistant sur le caractère ambigu de cette mémoire qui se modèle d’après une autre.

 

Joanne Sayner : The Personal and the Political: Remembering Adam Kuckhoff, Remembering Resistance (PDF)

  • Cet article présente un cas d'étude portant sur une exposition concernant les membres du groupe de résistance « Rote Kapelle ». En se focalisant sur les façons contradictoires de comprendre l’antifascisme qui paraissaient dans l'exposition, l'auteur soutient que Greta Kuckhoff joua un rôle clé dans la contestation du souvenir officiel aussi bien en RDA qu'en RFA. En utilisant les concepts de « résiduel » et de « conjoncture », l'auteur montre comment le tournant culturel (cultural turn) dans les discussions contemporaines sur l'antifascisme problématise des voies dominantes et monolithiques du souvenir.

 

Jan Maas : « Les idéaux des résistants antifascistes sont-ils réellement atteints aujourd’hui en RDA ? » La culture du souvenir antifasciste vue de l’intérieur : l’exemple des carnets d’Herbert Ansbach (1913-1988) (PDF)

  • La discussion portant sur la mémoire de la résistance antifasciste en RDA se concentre sur la manière dont la SED (Parti de l’Unité socialiste d’Allemagne) l’a exploité pour pouvoir stabiliser son rôle. La culture des ex-combattants de la résistance a permis de se rappeler que les ainsi nommés « Comités des combattants de la résistance antifasciste » n’ont guère été remarqués. L’auteur a eu l’opportunité d’examiner les enregistrements autobiographiques de l’un de leurs membres, Herbert Ansbach.

 

Johanna Drescher : L’antifascisme, une réalité vécue ?  L'exemple de l’émigration espagnole communiste à Dresde (PDF)

  • Lorsque le Parti communiste espagnol (PCE) fut interdit par le gouvernement français en 1950, approximativement 90 de ses membres s’exilèrent en RDA. Sur ordre du Parti de l’Unité socialiste d’Allemagne (SED), ils reçurent tous les moyens financiers et matériels dont ils eurent besoin, accédant ainsi au mode de vie conforme aux normes moyennes allemandes de l’époque. Le très controversé « mythe antifasciste » semble avoir été ici une réalité.

 

IV. Héroïsation et récupération idéologique

Catherine J. Plum : Feminine Heroes, Masculine Superheroes? Antifascist Education and Children’s Literature in the German Democratic Republic (GDR) (PDF)

  • L'éducation des jeunes et la littérature pour les enfants en Allemagne de l'Est communiste ont promu des images de combattants de la résistance antifasciste communiste correspondant à des stéréotypes de genre, en privilégiant les héros masculins engagés dans l'action politique et militaire et en marginalisant les contributions des femmes dans des rôles d’auxiliaires. Des vétérans antifascistes et une minorité de conteurs ont remis en question cette hiérarchie et compliqué le schème narratif antifasciste.

 

Bill Niven : The GDR, Weimar Classicism and Resistance at Buchenwald (PDF)

  • Cet article traite de la relation, en ex-Allemagne de l'Est, entre le Nationale Mahn- und Gedenkstätte Buchenwald et le Nationale Forschungs- und Gedenkstätten der klassischen deutschen Literatur à Weimar. Même s'il s'agissait d'organisations distinctes, l’auteur soutient qu'elles furent liées aux autorités politiques et culturelles de la RDA dans leur effort de prouver que la résistance antifasciste à Buchenwald a représenté une expression du même humanisme que celui que l'Allemagne exprime au travers de son héritage classique.

 

V. L'héritage de l'antifascisme

Georgi Verbeeck : Van overwinnaars tot verliezers van de geschiedenis. De erfenis van het DDR-antifascisme. Staatsideologie en geschiedschrijving in de DDR (PDF)

  • L'antifascisme a servi de base à l'auto-perception idéologique et politique de la RDA. Les historiens en RDA ont défendu un modèle particulier d'interprétation du fascisme, d'Hitler et du IIIe Reich. La RDA s'est présentée elle-même fièrement comme l’ « autre » et la « meilleure Allemagne » qui avait réussi à se libérer elle-même du poids du passé nazi. Après la réunification de l'Allemagne, un processus de réorientation politique et idéologique a démarré, et l'écriture de l'Histoire dans l'ex-Allemagne de l'Est a subi une reconstruction radicale. Comment alors, et jusqu’à quel point l’ancienne conception de l’antifascisme pourrait-elle survivre, aussi bien en tant que conviction morale qu’en tant que conception historique ?  Est-ce que les historiens de l’ex-RDA sont encore attachés aux anciennes notions et à la théorie de l’antifascisme ?  Deux tendances peuvent être distinguées. Les historiens de l’ex-RDA ont généralement tendance à critiquer l’ancien dogmatisme et l’instrumentalisation politique qui a caractérisé la profession d’historien en RDA. La plupart d’entre eux, cependant, sont restés attachés à un consensus minimal de l’antifascisme en tant que conviction morale. L’antifascisme sert de source à un engagement moral permettant aux historiens de l’ex-RDA de défendre à la fois la raison historique de l’existence de la RDA en tant qu’État séparé et leur rôle personnel en son sein.

 

 

Varias

Sophie Ernst : Mémoire de la Shoah, Figure du « nouveau père ». Variations sur La vie est belle de Roberto Benigni (PDF)

  • S'agit-il bien d'un film pour la mémoire d'Auschwitz ?  Présenté comme « le film pour la Mémoire d'Auschwitz » au moment de sa sortie en 1998, La vie est belle a fait l'objet de diverses polémiques dans les milieux qui se consacrent à l'étude de la Shoah. Entre les qualités et les défauts que l'on peut y relever, une conviction anime les propos de l'auteur : il s'agit avant tout d'un film sur les « nouveaux pères ». Sur la relation père-enfant, d'une part, mais aussi sur la dénonciation des stéréotypes de la virilité et du patriarcat tels que le fantasmaient le fascisme et le racisme. Auschwitz, dans ce cadre, n'aurait servi que de faire-valoir au ressort dramatique de l'histoire du film.

 

Frediano Sessi : Auschwitz, Bloc 21 : Une question ouverte (PDF)

  • Le débat lancé en Italie autour pavillon dédié à la déportation italienne, installé dans le bloc 21 à Auschwitz et inauguré en avril 1980, a tout de suite pris une tournure préoccupante. Du côté de l'Association nationale des anciens déportés (l'Aned, propriétaire légitime du mémorial) et de l'Institut pour l'histoire de la Résistance et de l'époque contemporaine (Isrec) on se refuse à y toucher. De surcroît, il s'agit d'une œuvre d'art tourmentée et voulue par ceux qui ont vécu personnellement le drame de la déportation. Mais, d'un autre côté, pourquoi ne pas songer à la déplacer, en l'état, pour l'exposer en tant qu'œuvre d'art et œuvre de mémoire dans un musée en Italie où elle permettrait de toucher de nombreux jeunes et remplirait ainsi une fonction pédagogique ?

 

Marty J. Kalb : Thoughts on the Creation of the Artwork Holocaust Portraits: Victims Perpetrators Witnesses (PDF)

  • Mon article traite de mes choix esthétique et philosophique pour la création d’Holocaust Portraits, Victims Perpetrators Witnesses. Mes points-clés sont les suivants :
    1. Tous ceux qui ont vécu l’Holocauste en furent les victimes. Pour comprendre les causes profondes de l'Holocauste, il faut se rendre compte que ce sont des gens ordinaires qui furent victimes des criminels ou les bourreaux de cette tragédie.
    2. La réalité visuelle est fondamentalement différente d'une description littéraire de la réalité. Dans mes œuvres, je cherche à améliorer la compréhension du spectateur contemporain et sa réaction émotionnelle à l'Holocauste par le biais d'une représentation visuelle de victimes des criminels et de témoins.
    3. Comprendre pourquoi, par qui et comment l'Holocauste eut lieu constitue un élément essentiel pour saisir les errements politiques et moraux du passé alors que nous cherchons aujourd'hui à renforcer la démocratie, à combattre le racisme, et à garantir les droits de l'homme pour tous les peuples du monde.

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Les numéros précedents

  • N° 127 (octobre 2018) : La perpétuation de la violence après 1918

     

    Il y a cent ans, la Première Guerre mondiale prend fin en novembre 1918. Après quatre années de carnage, la paix revient en Europe. Du moins, c’est alors l’impression des vainqueurs et, aujourd’hui également, celle des commémorateurs qui fêtent son centenaire. La réalité historique s’avère plus complexe. Jusqu’en 1923 au moins, la violence perdure sous forme de révolutions et de contrerévolutions, de guerres et de guerres civiles. Les esprits restent également sous l’emprise de la violence tant dans les milieux de gauche que de droite.
    Le dossier « La perpétuation de la violence après 1918 » se propose de cerner les contours de cette Europe si fortement marquée par la Grande Guerre, en évoquant la culture de la violence instaurée par celle-ci et qui, finalement, dégénéra dans la déflagration totale de la Seconde Guerre mondiale.

    Sommaire et résumés

    N° 126 (avril 2018) : Questions sur l'avenir du travail de mémoire

     

    Les 20 et 21 janvier 2017 le colloque Questions sur l’avenir du travail de mémoire s’est tenu à Esch-sur-Alzette, au Grand-Duché de Luxembourg. Les cinq articles de ce dossier tirés des actes du colloque tentent de répondre aux questions suivantes : Comment construire une mémoire critique de la Shoah, dénuée de mythes et de fragmentation nationale ? Comment anticiper l’absence de témoins directs ? À l’avenir, qui transmet quoi, et comment ?

    Sommaire et résumés

    N° 125 (octobre 2017) : Histoire et mémoire de la persécution des homosexuel-le-s par les nazis

     

    La connaissance historique de la persécution nazie des homosexuel-le-s et de leur déportation a connu des avancées significatives ces dernières années du fait de la multiplication des recherches sur le sujet. Dans le cadre de ce dossier, la parole est donnée à des chercheuses et chercheurs reconnus ainsi qu’à de jeunes doctorants et docteurs. Les éclairages qu’ils apportent concernent aussi bien la question de la destinée singulière des femmes et des hommes homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale, que la manière dont la mémoire des victimes homosexuelles du nazisme a évolué depuis la fin de cette guerre.

    Sommaire et résumés

    N° 124 (avril 2017) : La musique dans les camps

     

    La musique a fait partie intégrante de l’univers concentrationnaire, nazi et autre. Quel genre de musique était composée et exécutée, et quel en était le rôle exact dans les camps ? Facteur de survie et de résistance pour les détenus, une façon pour eux d’exprimer leur espérance et leur humanité – ou, au contraire, instrument d’oppression exploité par les bourreaux ? Quelle est la fonction de la musique dans le travail de mémoire suivant l’expérience de violence et de souffrance extrêmes ? Ce dossier propose de parcourir ces problématiques.

    Sommaire et résumés

    N° 123 (octobre 2016) : Traduire le témoignage

     

    Présentation du dossier Traduire le témoignage : Quelle est la relation entre le témoignage, défini comme un récit plus ou moins ritualisé portant sur la violence politique et raconté à la première personne, et la traduction ? Et, parallèlement, quelle position le traducteur occupe-t-il par rapport au témoin ? Est-il possible, en tant que traducteur, d’être (ou de devenir) témoin ? Comment, quand et pourquoi traduit-on des témoignages ? À quelles stratégies linguistiques et discursives le traducteur recourt-il quand il se trouve confronté à un texte éthiquement délicat ? Quel rôle joue-t-il dans la transmission du savoir historique, des valeurs culturelles ou de la critique sociale véhiculés par le témoignage ? La traduction a-t-elle tendance à affaiblir ou, au contraire, renforcer la pertinence et l’impact du discours original ? Quelle est l’importance de la traduction dans des contextes littéraires, politiques et institutionnels ? Combien ces contextes spécifiques déterminent-ils la pratique de la traduction ? Dans quelle mesure les processus de transcription, d’édition, de traduction et d’archivage ont-ils un effet sur le texte source ? Et peut-on soutenir les strictes démarcations entre témoigner et traduire, entre témoignage documentaire et littéraire, entre l’original et sa traduction ? Voilà les questions qui seront abordées dans ce dossier.

    Sommaire et résumés

    N° 122 (avril 2016) : Révisionnisme et négationnisme

     

    Au sens strict, le négationnisme est la « doctrine niant la réalité du génocide des Juifs par les nazis, notamment l'existence des chambres à gaz. » (Larousse en ligne) ; par extension, le terme désigne la négation d'autres génocides et d'autres crimes contre l'humanité. La littérature sur le négationnisme est abondante. Il existe des études sur le sujet dans de nombreux pays ainsi que des biographies de négationnistes. Les stratégies argumentatives et rhétoriques des négationnistes ont été largement décryptées. Des sites internet démontent systématiquement leurs sophismes. Si les informations fiables sur le phénomène ne font pas défaut, il est cependant indispensable d'y revenir encore et toujours, et ce, pour plusieurs raisons.

    Sommaire et résumés

    N° 121 (octobre 2015) : Violences radicales en scène

     

    Les violences extrêmes se montrent. Elles crèvent les écrans. Elles surfent d’un style et d’un support à l’autre : reportages d’actualité, documentaires, fictions, arts en tous genres. Pourtant le théâtre se distingue de cette curée, tout en revenant sans cesse sur le sujet. Autrement. Lié, dès ses origines, à la représentation de la cruauté et ayant « miraculeusement » échappé aux polémiques souvent stériles sur l’interdit ou non... de la représentation de la Shoah, c’est toujours avec la même jeunesse qu’il s’intéresse aux violences extrêmes et y entretient sans relâche l’articulation de l’éthique et de l’esthétique.

    Sommaire et résumés

    N° 120 (avril 2015) : Quel avenir pour la mémoire du génocide des Arméniens ?

     

    Le génocide perpétré en 1915 sur les Arméniens de Turquie suscite toujours de nombreux débats, controverses, déclarations de principe, prises de position et oppositions, négation. Pourtant, de plus en plus ouvertement, des liens se tissent, des passerelles sont établies et des échanges renforcés entre les communautés arménienne et turque. Une réconciliation est-elle possible ?

    Sommaire et résumés

    N° 119 (décembre 2014) : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi

     

    27 janvier 1945. Il y a 70 ans les premiers soldats de l’Armée rouge pénétraient dans le camp d’Auschwitz marquant définitivement ce que l’on pourrait appeler sa « libération », bien qu’Auschwitz n’ait été, pas plus qu’aucun autre camp nazi, un objectif prioritaire pour aucune des forces alliées. Primo Levi faisait partie des quelques rescapés qui, échappant aux évacuations forcées, étaient restés cachés à Auschwitz. Juif, déporté, chimiste, témoin, écrivain, retour sur cette personnalité complexe, sur son ascension vers ce qu’il a appelé le « rescapé professionnel », sur son œuvre. Sur ce que les mots « résistance », « engagement » ont signifié pour lui.

    Sommaire et résumés

    N° 118 (septembre 2014) : Au nom des victimes. Dictature et terreur d'État en Argentine, Chili et Uruguay

    Après les dictatures qui règnent sur l’Argentine, le Chili et l’Uruguay des années 1970 jusqu’en 1990, le processus de résolution démocratique de ces histoires de terreur semble nécessairement en passer par la construction de récits et, ce faisant, de mémoires qui reconfigurent le passé. Au cœur de ces processus propres à chacun des pays, s’impose la figure de la victime que viennent questionner les textes rassemblés par Claudia Feld, Luciana Messina et Nadia Tahir.

    Sommaire et résumés

    N° 117 (mars 2014) : Amis ? Ennemis ? Relations entre mémoires

    On a beaucoup parlé et écrit sur les mémoires de groupe et communautaires en limitant leur rapport et leur histoire à des conflits, des « guerres », des concurrences, des stratégies d’occultation ou de mise sous silence à tel point que ces termes sont devenus des lieux communs d’une sorte de doxa plus générale sur la mémoire collective et culturelle. Ce dossier propose une lecture critique de ces termes et de cette doxa en venant questionner l’émergence, la constitution et la mise en rapport de différentes mémoires exemplaires des grandes violences du XXe siècle. Il aborde les rapports que ces mémoires peuvent entretenir avec d’autres mémoires dont elles partagent, sinon le même événement, du moins des caractéristiques ou des préoccupations communes.

    Sommaire et résumés

    N° 116 (septembre 2013) : Voyages mémoriels

    Doit-on craindre ce que l’on regroupe sous le terme de « tourisme mémoriel » ? Ou bien doit-on assumer cette réalité de notre époque ? Désormais, tout visiteur, en groupe ou solitaire, se trouve-t-il absorbé par la catégorie de « touriste » ? Ou bien cette catégorie est-elle une réduction intellectuelle bien éloignée de l’expérience que chacun poursuit durant sa visite ? Le problème apparaît sous un jour un peu différent quand on pense aux voyages organisés pour des mineurs encadrés par des adultes, généralement des enseignants. Ce dossier propose de donner les avis d’historiens et pédagogues qui ont l’expérience de tels voyages.

    Sommaire et résumés

    N° 115 (mars 2013) : L’Espagne en construction mémorielle

    Le dossier de ce numéro se donne pour objectif de fournir des points de repère pour mieux comprendre les identités et les relations plurielles qu’entretiennent les mémoires et leur représentation dans l’Espagne contemporaine. En effet, il est nécessaire, aujourd’hui, de porter un nouveau regard non seulement sur les mémoires stratifiées de la guerre civile, de l’exil et de la répression franquiste, mais aussi sur la réception d’autres mémoires telles que celle de la Shoah, et d’en proposer de nouvelles lectures. Il s’agit notamment de mettre en évidence les tensions parfois antagoniques, parfois productrices, entre les actions officielles, celles des associations et les initiatives artistiques.

    Sommaire et résumés

    N° 114 (décembre 2012) : Sites mémoriels

    Comment se présentent aujourd’hui, aux yeux des visiteurs, les sites mémoriaux qui constituent la trace concrète de la mémoire et de l’histoire européennes du XXe siècle ? Les critères d’exposition et de conservation ont changé depuis au moins dix à quinze ans dans la plupart de ceux-ci, tout comme les progrès dans la recherche historique ont changé la façon de lire et de reconstruire les évènements du passé. Cela n’est pas seulement dû au fait que l’on soit passé d’une histoire écrite par des témoins à une histoire écrite par des historiens professionnels. Une nouvelle conscience s’est affirmée concernant les méthodes de transmission (pédagogie de la mémoire). Il a également été nécessaire de renforcer la recherche historique par les méthodes de recherche archéologique. On a déchiré le voile de l’idéologie alors que celui-ci avait souvent guidé ou recouvert les expositions permanentes et les critères de conservation et de visite. Peut-on dire dès lors qu’une nouvelle époque s’est ouverte dans la façon de transmettre la mémoire ? Celle-ci demeure, sous plusieurs aspects, un pari ouvert sur le présent et le futur.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 113 (septembre 2012) : Les tabous de l’histoire allemande

    Les périodes les plus douloureuses ou les plus ambiguës de l’histoire allemande du XXe siècle sont caractérisées par de nombreux tabous que la littérature, la photographie et le cinéma ont exprimés comme autant de « retours du refoulé ». Ces études sont, d’une part, centrées sur les problèmes de l’antisémitisme et, ce faisant, sur les rapports des sociétés germanophones à la Shoah. D’autre part, il est question de la confrontation aux violences subies telles que les bombardements, la fuite devant l’armée rouge et les expulsions, les viols massifs.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 112 (juin 2012) : Les enfants de la Guerre d'Espagne. Expériences et représentations culturelles

    Le dossier de ce numéro est consacré aux expériences et aux représentations culturelles de l’enfance pendant la guerre d’Espagne. Il s’agit d’aider à mieux comprendre ce conflit qui a déchiré une même population sur un même territoire en proposant une mise en regard du vécu des enfants espagnols – consigné sous diverses formes pendant ou après le conflit – et des représentations variées de ces mêmes enfants, en particulier celles émanant des adultes.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 111 (décembre 2011) : Art & propagande : jeux inter-dits

    L’apparition des médias a encouragé les institutions politiques (des partis politiques aux gouvernements) à promouvoir leur image pour emporter la conviction du public auquel elles s’adressaient. Les pouvoirs autoritaires ont trouvé dans cette ressource un moyen de consolider leur domination. Or, comment les artistes ont-ils pu prendre part à la propagande dont l’utilitarisme est à l’opposé des fins que l’on attribue généralement à l’art ? On-t-il dû mettre de côté leur vocation, ou l’ont-ils eux-mêmes détournée ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 110 (octobre 2011) : Déplacements, déportations, exils

    Les déplacements de population sont utilisés par les États ou les groupes criminels pour isoler des populations qu’ils prennent pour cible ou qu’ils veulent s’aliéner. Perte de visibilité publique, privation des repères et des cadres sociaux sont alors des processus complémentaires à la négation des droits communs. Procédant ainsi, il est alors possible de faire subir à ces populations des contraintes (déterritorialisation, travail forcé…) ou des violences (famine, massacre, génocide…). Ces phénomènes, qui ont acquis une ampleur sans précédent après la guerre de 1914-1918, ne cessent de s’accroître à l’échelle du globe. Mais leur réalité se double aussi d’une dimension mémorielle. En effet, il y a une mémoire des déplacements qui s’exprime maintenant à travers la littérature, avec des expositions et dans des musées. Ce dossier traite de ce double aspect historique et mémoriel dont nous sommes les contemporains.

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    N° 109 (mars 2011) : La bande dessinée dans l'orbe des guerres et des génocides du XXe siècle

    Mise au service ou revenant sur les guerres et génocides du XXe siècle, la bande dessinée fut mêlée aux plus sombres évènements de notre Histoire.
    La première partie du dossier évoque le rôle joué (en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas) durant la Seconde Guerre mondiale par des éditeurs et auteurs de bandes dessinées qui se mirent au service de l'envahisseur ou qui, au contraire, lui résistèrent. En relevant les contributions de la bande dessinée aux efforts de guerre, c'est son potentiel même en tant que moyen d'action et de propagande qui est ici mis en exergue.
    La seconde partie du dossier concerne les possibilités d'évocation des auteurs de bandes dessinées lorsqu'ils reviennent sur les évènements. De la première à la Seconde Guerre mondiale, des génocides commis à l'encontre des Arméniens, des Juifs, des Cambodgiens ou des Tutsi aux massacres de Sabra et Chatila, la dimension créative dont fait preuve la bande dessinée en abordant ces sujets longtemps tenus pour inaccessibles atteste de ses capacités à opérer au-delà de la « simple » restitution des faits.

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    N° 108 (septembre 2010) : Le traitement de l'histoire dans les documentaires filmiques

    Ce dossier se propose d'analyser les contraintes qui pèsent sur l'écriture télévisuelle de l'histoire. Il privilégie l'étude des documentaires historiques produits pour/par la télévision, désormais canal de transmission dominant de l'histoire. Aux côtés d'historiens (Annette Becker, Laurent Veray, Isabelle Veyrat-Masson) dont les travaux traitent du rapport à l'image animée et de sa valeur cognitive, d'autres chercheurs et enseignants (Charles Heimberg, Fanny Lautissier, Matthias Steinle) ont été sollicités. Mais la parole a aussi été donnée à tous les acteurs de la production, des réalisateurs (Patricia Bodet, Serge Viallet), des producteurs (Jacques Kirsner) ou encore des documentalistes spécialisées dans la recherche d'archives filmiques (Anne Connan, Christine Loiseau). En raison des enjeux de mémoire et de la question du statut de vérité qu'elle soulève, La chaconne d'Auschwitz, documentaire réalisé par Michel Daëron, a été analysée du point de vue de l'historien-conseiller historique (Sonia Combe) commenté par le réalisateur et la monteuse, Eva Feigeles.

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    n° 107 (juin 2010) : L'Aveu

    Au cours de l’Histoire, l’aveu s’est déplacé de la sphère judiciaire (et/ou du christianisme) vers d’autres composantes sociales. Si bien qu’aujourd’hui, il se manifeste ou s’exprime en nombre d’occasions, ce dont attestent les contributeurs à ce dossier qui envisagent l’aveu dans ce qu’il a de structurant. En effet, qu’ils soient linguistes, spécialistes en études littéraires, historiens, chercheurs en sciences de l’information et de la communication, ces derniers montrent, à partir de l’analyse de textes – littéraires ou non –, de films – de fiction ou pas –, et/ou d’événements particuliers, que l’aveu témoigne du rapport qu’un groupe ou une personnalité entretient à son passé et à son avenir, en même temps qu’aux autres, c’est-à-dire à ceux qui en sont les destinataires. Mais, si plusieurs auteurs montrent comment l’aveu dit le vrai, d’autres montrent aussi qu’il peut s’en éloigner, ou faire accéder à une vérité autre que celle que son auditoire pourrait en attendre.

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    N° 106 (mars 2010) : Faux Témoins

    Dans les sciences humaines et sociales contemporaines, les travaux sur le témoignage et les témoins se sont multipliés. Revers de la médaille, les faux témoignages et les faux témoins sont plutôt délaissés ou laissés en pâture à leurs dénonciateurs. Pourtant, on peut prendre le phénomène au sérieux. Ce dossier le met ainsi « à l’épreuve » en répondant à une série de questions : si l’on est souvent « pris à témoin », quelles sont les configurations sociales et psychologiques faisant qu’on est « pris », plus ou moins longtemps, par la croyance en un faux témoignage ? Quel est le rôle des industries culturelles et médiatiques dans ce phénomène ? Comment penser les relations entre faux témoignage, témoin fictif et fiction ?

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    N° 105 (décembre 2009) : Charlotte Delbo

    Pourquoi un dossier sur Charlotte Delbo ?
    Jusqu'à présent les études majeures sur Charlotte Delbo nous sont venues d'Angleterre et des États-Unis. En France, hormis un cercle restreint de fidèles et d'universitaires, on ne s'est pas intéressé à elle et pas plus à son œuvre. Aucun dossier de revue. Aucun recueil.
    Intellectuelle et femme de théâtre importante, Charlotte Delbo (1913-1985) s'est très tôt engagée du côté des communistes, sans pour autant adhérer au parti. Résistante, elle est arrêtée et déportée dans le convoi du 24 janvier 1943 pour Auschwitz où elle est internée avant d'être transférée à Ravensbrück. Son œuvre testimoniale, l'une des plus importantes sur la terreur concentrationnaire nazie, se prolonge par de nombreux textes, la plupart de théâtre, qui confirment son engagement contre toute forme d'oppression politique, de l'Algérie au Goulag, du Chili à la Grèce.

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    n° 104 (septembre 2009) : L'Antifascisme revisité. Histoire – Idéologie – Mémoire

    À l’occasion du XXe anniversaire de la chute du Mur et de la disparition de la RDA, ce numéro revient sur l’antifascisme comme un des éléments essentiels à la fondation de cette « autre » Allemagne. Antifascisme « décrété », selon les uns, « mythe » selon les autres, ce dossier propose de réinterroger la notion en tenant compte aussi bien des réalités historiques que des manipulations idéologiques. Des recherches récentes, conduites à partir de fonds d’archives encore peu exploités, donnent une image plus nuancée de l’antifascisme en RDA, de ses aspirations, de ses limites et de sa mémoire. Il était important de ne pas en rester au cas allemand, afin de proposer des points de comparaison. Entrent ainsi en ligne de compte la perception de l’antifascisme en Italie et en France, l’histoire complexe de la résistance slovène en Autriche et les aléas d’une association internationale comme la FDIF. Le dossier croise des études historiographiques avec des analyses de documents biographiques, de figures héroïques, d’expositions, de monuments ou d’œuvres littéraires dans les perspectives des « cultural studies ».

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    n° 103 (juin 2009) : Crimes et génocides nazis à l'écran

    Ce dossier intitulé « Crimes et génocides nazis à l'écran » répond à plusieurs attentes. Il s'agit de faire le point sur une iconographie qui a amplement influencé les représentations de la seconde moitié du XXe siècle, faisant du motif concentrationnaire au cinéma, dans la photographie, dans l'art, un genre en soi. Les images des camps nazis, filmées à la fin de la guerre par les troupes alliées qui ont découvert les structures concentrationnaires, ont en effet joué un rôle écrasant dans l'imaginaire des années qui ont suivi. Pour certains, elles ont même fondé la modernité du cinéma. On en trouve des traces dans le film documentaire et le film romanesque, dans les films d'avant-garde et dans le cinéma populaire, dans toutes sortes de productions visuelles venues de tous horizons. On pourrait même considérer que le cinéma des quarante dernières années a impulsé plus qu'il ne l'a accompagnée l'institutionnalisation de la Shoah. Comment analyser cette insistante pénétration ?

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    N° 102 (mars 2009) : Criminels politiques en représentation. Arts, cinéma, théâtre, littérature, médias

    Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n’a pas diminué aujourd’hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes nazis et leurs complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L’Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhuth). Mais le nazisme n’est pas leur seul centre d’intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d’hagiographes et l’ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusqu'à récemment dans des romans mémoriels espagnols. À propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s’attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du Sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin ?

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    N° 101 (décembre 2008) : Quelle pédagogie, pour quelle(s) mémoire(s) ?

    Comment mettre à profit nos expériences aussi diverses que polyphoniques pour repenser aujourd’hui de façon novatrice l’ « éducation à la mémoire » ?
    La pédagogie est investie de la tâche de transmettre ce savoir particulier sur les violences extrêmes que l’on nomme désormais mémoire, terme générique et pourtant combien plurivoque. En vertu de quoi, elle se trouve régulièrement sommée d’apporter des réponses aux attentes qui traversent les sociétés modernes. Il s’agit notamment de satisfaire à la reconnaissance de mémoires qui ont depuis peu émergé et par lesquelles des communautés et des groupes sociaux cherchent à se faire identifier.
    Ce dossier porte l’interrogation sur la pédagogie de la complexité historique au regard de la pluralité des sensibilités communautaires et nationales. Il aborde la question de l’influence de l’actualité mémorielle et de la place qu'y tient la Shoah. De nombreux aspects méthodologiques y sont également abordés.

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    N° 100 (septembre 2008) : Questions de « bourreaux »

    Aujourd’hui, les bourreaux montent plus souvent sur l’échafaud pour y être exécutés que pour y travailler.
    Le sens moderne de « bourreau » couvre un ensemble d’individus qui, des planificateurs aux exécuteurs, en passant par les nombreux intermédiaires, commettent des crimes collectifs qui marquent notre histoire. Les articles que rassemble ce dossier interrogent les bourreaux par leur légende, leur vie privée, leur Journal, leur institution et l’organisation qu’ils ont voulu mettre en place à l’intérieur des lieux où ils sévissent. Le sujet est vaste. Il ne risque pas de se périmer. Il est même d’actualité.

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